/ L’audace de faire autrement

WE en BlaBlaCar et AirBnB : confiance et partage. Le lundi au bureau : ?

Ce week-end, j’ai expérimenté pour la première fois un aller-retour en blablacar et j’ai loué un appartement Airbnb (là-dessus, je suis rodée). La grande facilité avec laquelle Guillaume, Eve et Alida m’ont ouvert leur voiture ou leur appartement, mais aussi le soin et le sens du service qu’ils y ont mis et l’échange naturel de bons plans et d'expériences de vie dont ils ont fait preuve, m’ont interpellé.
Pourquoi est-ce plus rare de trouver dans le monde du travail cette qualité de relation ?

Peut être que le fait de ne se croiser qu’une fois, de façon fugace, met plus à l’aise. Au travail, nous sommes amenés à nous revoir, à nous fréquenter au quotidien. Il est fréquent de se sentir évalué, puisque nous sommes dans la sphère professionnelle.
Mais si nous nous débarrassons de ces encombrements, comme la peur d’être jugé, pour faire le pari qu’en étant naturellement nous-mêmes, nous serons perçus tels que nous sommes, défauts inclus ! Là, peut démarrer une relation à l’autre plus vraie, avec ses hauts et ses bas, ses incompréhensions et ses complicités.

Le sens du service à l’autre (“je te dépose où cela t’arrange” ”Je vous amène les clés à la gare”) est inspirant pour le quotidien au boulot. Ce sont vraiment les petites attentions simples qui changent une ambiance d’équipe, d’open space : aller chercher le café pour toute l’équipe, amener quelques pommes cueillies dans son jardin… Certains ont même étudié le fait que plus on tient la porte à quelqu’un qui vient de loin, plus celui-ci vous en est reconnaissant.

Et au boulot, qu’avons-nous à partager spontanément, en confiance ? Dans votre entreprise, est-il naturel de mettre son bureau à disposition des autres quand on n’y est pas, pour qu’ils s’y réunissent ? Est-ce que vous pouvez partager votre temps et vos compétences entre plusieurs services ? plusieurs projets ? plusieurs entreprises ?
Pourquoi, parfois ne fait-on pas confiance à un collègue, un client, un partenaire ? Souvent, parce que nous ne le connaissons pas bien, pas “vrai”-ment, parfois parce que nous avons un a-priori ou encore parce que nous ne voulons pas perdre le contrôle.

Enfin, il est intéressant de noter que la relation de confiance entre covoitureurs ou entre locataire et propriétaire se crée via une plateforme digitale. La distance du digital aiderait à nous “renifler” avant de décider de se faire confiance.

Il est certain que la comparaison avec les services proposés par Blablacar ou Airbnb est limitée puisqu’il y a un échange rémunéré et l’enjeu d’un avis favorable peut biaiser les relations. Cela n’était qu’un prétexte pour interroger nos comportements et relations au travail. Et si on se comportait au bureau comme dans la vie ?